04 novembre 2016

PAR LE VISHANTI, C'EST UN BONUS GRATUIT ! 

Aloha amis bébelleux ! En l'absence de Vendredi, c'est sous la plume de notre chroniqueur Michel T. Prévost que nous vous livrons ce petit bonus, en complément à l'épisode #5....



Suite à l’épisode de cette semaine portant sur DOCTEUR STRANGE, le Maître des arts mystiques dans les bandes dessinées de Marvel, je me suis dit que vous apprécieriez peut-être quelques petites informations supplémentaires sur le sujet. C’est donc l’occasion de vous présenter ce bonus bébelleux.

ET ALORS, CE FILM ?    

Mercredi soir dernier, j’étais bien installé dans un fauteuil du cinéma Scotia à Montréal (trop loin de son île pour notre ami Yves) et j’attendais impatiemment que débute l’avant-première de DOCTOR STRANGE. Serais-je déçu ? Un des personnages les plus fascinants de l’écurie Marvel serait-il l’objet d’un rare flop cinématographique pour cette maison de production ? Serais-je grognon le lendemain matin au bureau ou au contraire d’excellente humeur ?

Vous aurez compris que mes attentes étaient élevées. Pour être bien certain que mon enthousiasme personnel n’avait pas oblitéré tout mon sens critique, je me suis permis après la projection de comparer mes impressions avec celles de trois amis de longue date, dont une qui ne connaissait absolument rien du personnage. Pour une fois, il y a consensus : DOCTOR STRANGE est une autre réussite pour Marvel.

Évidemment, avec la vague d’adaptations de super-héros au grand écran, certains patterns émergent et STRANGE ne peut y échapper complètement. Le premier épisode des aventures de tout super-héros qui se respecte est habituellement réservé en grande partie à son origine et au malheureux (la plupart du temps) concours de circonstances qui lui a fait acquérir ses pouvoirs. Puisque pour Stephen Strange il s’agit bel et bien d’un parcours plus spirituel que physique, nous nous trouvons en terrain moins familier et le développement du personnage n’en est que plus profond. Personne ne sera surpris non plus d’apprendre que la distribution est uniformément excellente, en particulier Benedict Cumberbatch dans le rôle du Sorcier Suprême. On savait déjà que le côté arrogant et narcissique de Strange avant son accident serait un jeu d’enfant pour Cumberbatch, mais sa prestation n’en est pas moins réussie pour autant. Tout en nuance, aussi à l’aise dans les nombreuses (et fort bienvenues) touches d’humour que dans la tragédie, Cumberbatch est le successeur évident de Robert Downey Jr chez Marvel, mais avec un personnage au registre beaucoup plus complexe et nuancé que le Tony Stark de Downey.

Impossible de parler de ce film sans mentionner l’aspect visuel. La bande-annonce et les quelques extraits présentés sur internet laissait entrevoir une manipulation de la réalité et de l’environnement physique qui semblait très près de ce que Christopher Nolan nous avait présenté avec son INCEPTION il y a quelques années. En fait, on craignait que ce ne soit que du réchauffé. Bien loin de se contenter de reproduire les effets spéciaux révolutionnaires du film de Nolan, on s’en inspire ici pour nous amener dans un univers bien plus éclaté dont la véritable paternité visuelle réside plus chez M. C. Escher.

Le graphisme particulier de M. C. Escher est une source d'inspiration évidente pour ce premier film
Et que dire de ces autres dimensions dans lesquelles voyage Dr. Strange ? On passe sans effort de la simple élégance graphique à l’horreur, puis au surréalisme pour aboutir finalement dans une sombre dimension directement inspiré de l’univers graphique de Steve Ditko, le créateur du personnage. Un vrai délice ! Et pour une fois, le 3D est justifié et ajoute véritablement au plaisir véritable de ce délire visuel. La représentation à laquelle j’ai assistée n’était malheureusement pas en IMAX, un volet sur lequel je ne peux donc pas me prononcer. Compte tenu que plus d’une heure du film a été tourné en IMAX, une seconde visite au cinéma s’imposera donc pour juger de l’impact de ces images en format géant.

Une mention au générique de fin l’annonce déjà : Dr. Strange reviendra….. pour notre plus grand plaisir. La participation du personnage est déjà confirmé pour cette grande orgie cinématographique qu’on nous promet avec AVENGERS : INFINITY WAR.


Maintenant, comme tout bon bébelleux, la seule question qui se pose est de savoir où puis-je me procurer une cape de lévitation et une amulette contenant l’œil d’Agamotto ?



LA FAMEUSE LETTRE….

Si vous avez regardé l’épisode #5 (et si vous ne l’avez pas encore vu, que faites-vous ici ? Allez le voir, on va vous attendre !), vous vous souviendrez que dans une de ses aventures les plus originales, Dr. Strange reculait dans le temps en combattant un autre sorcier qui accumulait l’énergie mystique disponible dans l’univers. Cette course folle les amenaient éventuellement au Big Bang, au début de l’univers et à la transformation du sorcier rival qui allait devenir…. Dieu. Un scénario pour le moins osé aux yeux d’un certain segment de la société américaine de l’époque (1974). Inquiet des répercussions possibles, Stan Lee exigeait des créateurs de cet épisode qu’ils publient une rétractation dans laquelle ils indiqueraient que ce vilain sorcier était devenu UN dieu et non pas LE Dieu. Pour se sortir de cette impasse, Steve Englehart, le scénariste de Dr. STRANGE, ainsi que le dessinateur Frank Brunner, avait inventé de toute pièce une fausse lettre provenant d’un preacher qui avalisait l’œuvre potentiellement sacrilège. Notre ami Yves voulait savoir si la lettre avait été publiée.

N’écoutant que mon courage et ma propre curiosité  (l’un chuchote alors que l’autre crie), j’ai plongé dans ma collection personnelle de comic books à la recherche de la dite lettre. Et bien oui, elle a en effet été publiée ! La voici, tel qu’elle apparaissait dans le courrier des lecteurs du #3 de DOCTOR STRANGE (volume 2) :

La fausse lettre, concoctée par Steve Englehart pour éviter de devoir s'excuser

La lettre était adressée à Stan Lee, qui était encore alors figure de proue pour l’ensemble des BDs de Marvel. Pour le bénéfice de ceux d’entre vous qui êtes moins confortables avec la langue de Shakespeare, on pourrait la traduire ainsi :

Cher M. Lee,

L’autre soir, pendant la célébration de Noël à notre église, un jeune membre de notre congrégation m’a montré une bande dessinée que vous présenté intitulée MARVEL PREMIERE (#14, mois de mars). Il m’a indiqué qu’elle traitait de Dieu.

Je lui ai emprunté cette bande dessinée, croyant que j’allais y trouver un autre dénigrement de notre Seigneur, comme il est si populaire de le faire ces temps-ci. Toutefois, après avoir lu cette revue, je dois vous féliciter pour le raffinement et la perception que vous, votre éditeur et votre scénariste, avez démontré dans le traitement d’un sujet très difficile. Ce sont des magazines comme le votre qui effectués le travail de Dieu et qui exposés de nouveaux yeux à Sa majesté.

J’ai depuis recommandé MARVEL PREMIERE à plusieurs au sein de ma congrégation ainsi qu’à des amis. Merci, M. Lee, pour votre excellent travail.

Ce ne sont pas IRON MAN ou DAREDEVIL qui auraient pu inspirer une telle histoire, ni son dénouement.



Le téléfilm, enfin disponible
Les quelques extraits du téléfilm de DR. STRANGE ont-ils suscité chez vous une insatiable curiosité ou un élan de nostalgie incontrôlable ? Si oui, vous n’êtes probablement pas les seuls, puisque le distributeur SHOUT ! FACTORY vient tout juste de le rendre disponible sur DVD en Amérique du Nord. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de me le procurer, mais ma copie est déjà commandée. Notons que la page d’information sur ce titre, au site web de SHOUT !, indique que le film a été remastérisé à partir des éléments filmiques d’origine. La qualité de l’image devrait donc être à tout le moins fort acceptable.

Pour les masochistes, je me permets de préciser que SHOUT! présente également un programme double sur DVD avec les 2 téléfilms de Captain America datant de la même époque, et dont nous avons fait mention dans notre discussion sur Dr. Strange. Cœurs sensibles s’abstenir….

Pour ces 2 DVDs, veuillez prendre note qu’aucune piste française n’est incluse.




Et pour terminer, dans un registre un peu plus léger, que fait le Dr. Strange pour arrondir ses fins de mois ? L’animateur de talk-show Jimmy Kimmel l’a appris à ses dépens….






C’est tout pour cette fois-ci, amis bébelleux.  En espérant que ces petits bonus auront su vous plaire, je vous dis à la prochaine !


Michel T. Prévost
Archéologue de culture populaire et geek qui s’assume.


6 commentaires:

  1. j'ai vraiment hâte de voir ce film !

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    1. reviens nous faire part de ton impression quand tu l, auras vu, on aimerais savoir ce que tu en penses !

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  2. Hahahahaha! La vidéo avec Jimmy Kimmel est absolument hilarante! Peut-être Doctor Strange peut se recycler en amuseur de fêtes d'enfants? lol

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  3. Toujours utile d'avoir une position de repli, quand les affaires vont mal :-)

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  4. super complément bravo l' archéologue ! la faut aller voir ce film

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    1. Merci, bien content que ce type de complément te plaise ! Laisse-nous savoir ce que tu as pensé du film, quand tu l'auras vu.

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